Biographie

Été 1970, Village Carré St-Louis, point de départ d’une tournée du Québec pour la création d’un réseau de distribution de livres d’une dizaine de nouveaux éditeurs québécois indépendants. De gauche à droite : Pierre Cadieu, Roland-Éloi, Alain Groleau et Robert Bob Lalonde.

Né dans les Laurentides en 1947, Pierre Cadieu a mené une vie d’écrivain, de journaliste et d’éditeur en parallèle d’une carrière en informatique de gestion et en enseignement. Il est membre titulaire de l’UNEQ, de la SOCAN et de la SODRAC.

« Dictionnaire des écrivains québécois contemporains », éditions Québec/Amérique. Montréal, 1983.

Dans son premier recueil Clopec en 1969, il déconstruit et transfigure le langage afin de faire reculer les limites de l’indicible. Durant les années ’70, du temps de la recherche identitaire, il donne des récitals à de grands auditoires et ses poèmes s’inspirent avant tout de la langue québécoise parlée de même qu’ils explorent l’inconscient collectif en entremêlant le sublime et le dérisoire.

Parolier, chroniqueur, éditeur, conseiller politique et activiste culturel, Pierre Cadieu est aussi co-fondateur du Parti Poétik qui a présenté trois candidats aux élections provinciales de 1970 dont le peintre Serge Lemoyne. En quête d’un verbe québécois, Pierre Cadieu a côtoyé, sur scène et dans la vie, Claude Gauvreau, Gérald Godin, Gilbert Langevin, Michel Plume Latraverse, Guy Mauffette et Pierre Morency. Poète de l’oralité, il a participé à de nombreux spectacles de poésie dont l’historique Nuit de la poésie en 1970.

Acteur culturel majeur de son époque, il organise plusieurs activités et évènements artistiques multidisciplinaires. Entre autres, il participe activement au Printemps de la bande dessinée québécoise.

En 1978, il écrit un scénario de long métrage, grâce à une subvention de l’Institut québécois du cinéma. Dans les années ’80, il devient analyste en informatique de gestion, éditeur de manuels d’informatique et journaliste spécialisé. Ses amis de l’édition vinrent le chercher pour écrire et éditer pendant deux décennies les ouvrages didactiques en informatique d’ici, alors si essentiels compte-tenu qui ni les manuels de la France ni ceux traduits des États-Unis ne correspondaient à l’approche et à la terminologie distincte du Québec.

En 1996, son recueil Pluies marque l’aboutissement de son style. Depuis 2004, il se consacre à la production de spectacles et d’ateliers littéraires, à l’édition d’œuvres multimédias et à l’écriture, surtout suite à sa rencontre avec le haïku et le tanka. Ainsi, il en a fait paraître durant une décennie dans les revues Haïkaï et Gong, ce qui lui vaudra une reconnaissance internationale. À ce jour, il a publié une douzaine de recueils de poésie, d’ouvrages didactiques et d’essais. Plusieurs de ses textes ont paru dans des revues et des collectifs au Québec et en France.

Un an avant son décès, Claude Gauvreau se prêtant au jeu du « Questionnaire Marcel Proust » a écrit que ses trois poètes québécois favoris sont Gaston Miron, Gilbert Langevin et Pierre Cadieu. Le poète et éditeur se distingue aussi avec son propos en ouverture du documentaire Archives de l’âme d’Ad Hoc Films en 2005.  https://cve.grics.ca/fr/2416/4535

Invités d’honneur au SLO 2010: Jean-Jacques Pelletier, Pierre Cadieu, Chantal Ringuet, Nicole V. Champeau et Bruny Surin.